Site Meter

mercredi 16 novembre 2011

Pour en finir (enfin) avec le libéralisme...

Salinas Grandes in the morning 
Photo : Ostrosky Photos sur flickr

Il y a quelques jours les libéraux de tout poil ont fêté avec jubilation la chute du mur de Berlin et la victoire (selon eux) de leurs idées... Aujourd'hui, autre jour symbolique puisque c'est l'anniversaire de la mort de Milton Friedman, leur penseur de référence, je relaye cet appel de blogueurs-citoyens leur demandant de nous lâcher définitivement avec leur idéologie qui ne nous apporte plus d'emmerdes que le bonheur promis !

Madame, monsieur,

Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.

Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis à présent rien moins qu’une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – va être rien moins qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…

Disons le net : nous sommes sceptiques.

Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :

Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?

Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits des idées que vous défendez.

Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes  plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.

Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?

Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.
Appel à lire aussi chez OcéaneMipmipAgnèsSeeMeeSeb MussetCSPMarcoVogelsongIntox2007DedalusNicolas et Christian...

7 commentaires:

  1. Attention, le capitalisme de connivence, autrement appelé le capitalisme des copains coquins, celà n'a rien à voir avec le "libéralisme historique" du siècle des lumières, de Hugo, ou de Bastiat...le libéralisme, c'est la responsabilité individuelle, et l'état dont le rôle se limite à faire régner justice, paix et sécurité...relire la déclaration des droits de l'homme et du citoyen:« Le but de toute association politique est
    la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme.
    Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »
    Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, article II.
    Je suis fière de me revendiquer "libérale", et trouve un peu lassant que ce nom si prestigieux soit devenu une insulte...

    RépondreSupprimer
  2. Prétendre qu'on vit dans le libéralisme alors qu'on n'a jamais eu autant de réglementation, de poids des prélèvements obligatoires, et de restriction des libertés en général me donne des fous-rires.

    Le libéralisme, c'est ce qui a permis de passer de l'autoritaire à la démocratie en politique, et de la survie à l'abondance en économie. Même Marx en personne le reconnaissant : le libéralisme est le seul moyen de développer une économie.

    Qu'on repasse au régime légal du 18ème siècle pendant 10 ans et là on reparlera de libéralisme. On ne peut pas en même temps accuser le libéralisme de vouloir supprimer toutes les aides sociales et prétendre qu'il est là alors qu'elles sont augmentées chaque année.

    RépondreSupprimer
  3. Bonsoir, je confirme ce que dit Toda: la famille libérale en France n'a strictement AUCUNE représentation dit dans l'échiquier politique, ni dans les médias. Ce que vous appelez "libéralisme" est la doctrine économique pratiquée par les partis souvent de droite qui accepte une relative souplesse à l'économie de marché mais toujours dans le cadre du certain contrôle étatique. Je suis surpris que vous ne notiez pas la contradiction dans votre texte "libéralisme économique ou néolibéralisme si vous préférez": si on parle de "néolibéralisme" c'est précisément parce qu'il ne s'agit pas de la même chose!

    Les libéraux se revendiquent de la philosophie des Lumières qui consacre l'individualisme - c'est à dire la considération de l'individu comme l'unité basique et incompressible de la société, et non la classe, la race, la religion, le rang ou le corps de métier –.

    Les libéraux les plus radicaux - en anglais "libertarians" – n'ont absolument rien à envier à la gauche sur les moeurs et peuvent faire passer ces derniers pour des bigots réactionnaires et bourgeois (si si c'est vrai), ces libéraux sont en faveur de la légalisation de toutes les drogues, considèrent que l'état n'a aucun droit de monopoliser l'institution du mariage au profit des seuls hétérosexuels et que les frontières tant économiques que migratoires doivent être abolies à tous les égards.

    Pour faire simple, les libéraux (je préfère le terme anglicisé de "libertariens") peuvent être conservateurs comme progressistes, religieux comme athées, écolo comme sceptiques, riches comme pauvres, ouvriers comme entrepreneurs etc...
    Tous partagent une seule et même conviction: l'état est une fiction et n'a pas vocation à se substituer aux choix individuels, à leur imposer un mode de vie, une sexualité, une carrière, une culture, un langage... plus largement que la vie d'un homme vaut plus qu'une nation. Que la société doit être modelée en fonction des individus qui la composent et non en fonction d'un plan appliqué par la force.
    Enfin nous pensons que le laissez-faire capitaliste est le seul système permettant. Je pense que c'est sur ce point que les clichés et les contresens les plus odieux sont légions chez les gens de gauche que de droite.
    Si vous êtes prêts à laisser vos préjugés de côté, je serais sincèrement ravi d'en discuter avec quiconque est intéressés (mon pseudo est le même sur twitter).

    Pardon pour ce message un peu long mais ta question soulève tellement de réponses que je n'ai pas pu faire plus court (et encore je n'ai pas dit le quart de ce que j'aurais dû!).

    Bonne soirée ;)

    @jeewing

    RépondreSupprimer
  4. Heureusement que le libéralisme est dominant sur la planète. Je ne vois pas sur quel autre système il aurait fallu compter pour diminuer la pauvreté sur l'ensemble de la planète. On y est moins pauvre, et en plus on n'y meurt (presque) plus de faim. Sauf dans quelques îlots d'anti-libéralisme ...

    RépondreSupprimer
  5. J'aime bien Tours (pardon St Pierre des corps)

    Sinon cette lettre, sans doute sincère, me semble surtout surréaliste.

    Le pays dans lequel nous vivons n'est pas libéral, mais étatiste. La place de l'Etat dans nos sociétés occidentales (y compris aux USA) n'a jamais été aussi important en temps de paix.

    Les aspects du capitalisme de connivence sont réels, mais sont avant tout le fait d'un mélange des genres entres Etats et grandes entreprises, mélanges des genres qui n'auraient pas eu lieu si l'Etat ne s'occupait pas en permanence d'économie.

    Cette crise est la votre, pas la notre.

    RépondreSupprimer
  6. J'ai acheté le livre de Friedman pour me faire une idée: 10 pages lues et j'ai foutu à la poubelle tellement c'était dégueulasse dans l'idéologie.

    A tous ceux qui pensent que le libéralisme est le meilleur système du monde, ou ceux qui croient qu'on est pas dans le libéralisme parce qu'on a plein de taxes, laissons les où ils veulent être. Heureusement qu'il y a d'autres systèmes, mais pas la peine de leur en parler ou de les détailler. Plusieurs fois sur des forums, j'ai décrit cela mais ils ne veulent rien entendre, rien voir, rien savoir, alors je ne détaille pas.
    La bêtise, l'aveuglement et l'ignorance sont l'apanage de ces gens là. Alors, je leur dirais: vous avez internet, cherchez!

    Je vois déjà les réponses: c'est grâce au libéralisme qu'on a internet. Je leur répond d'avance: est-ce le libéralisme qui fait qu'on a un cerveau pour penser des choses et des mains pour concrétiser certaines pensées? Tous les peuples de la Terre depuis que l'homme existe ont-ils vécu dans le libéralisme et si non, peut-on les qualifier de pauvres, d'incultes, de non-inventifs?

    RépondreSupprimer

Les commentaires ANONYMES ne sont pas acceptés. Merci de prendre au moins un pseudo SVP ;-)))

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...